Troubles des conduites alimentaires
Les troubles des conduites alimentaires peuvent se faire :
- dans le sens de la restriction (anorexie, boulimie) ;
- dans le contexte d'une pathologie psychiatrique (schizophrénie, mélancolie, hypocondrie,…) ;
- dans certaines maladies organiques.
1 L'anorexie mentale
L'anorexie mentale, présente essentiellement chez la jeune fille, est la forme la plus typique et aussi la plus fréquente.
Elle survient à l'adolescence chez une jeune fille entre 13 et 18 ans apparemment "sans problème". L'anorexie survient subitement, comme un coup de tonnerre dans un ciel serein : suite à une déception scolaire, sentimentale, un deuil ou un régime amaigrissant après une remarque ressentie comme "vexante" par l’adolescent(e).
La triade (des 3 A) s'installe progressivement :
- Anorexie allant de la restriction plus ou moins qualitative (la viande, les aliments gras) au refus de l'alimentation quasi-total,
- Amaigrissement variable, pouvant aller jusqu'à 1/3 du poids,
- Aménorrhée, le plus souvent secondaire.
D'autres éléments doivent retenir l'attention :
- l'hyperactivité sur le plan physique ;
- des épisodes de boulimie soigneusement cachés et très culpabilisés ;
- la constipation souvent traitée par la patiente par l’ingestion de laxatifs.
Sur le plan psychologique
L'anorexique a la réputation d'avoir de bonnes capacités intellectuelles. Il existe une sorte de négation de l'image du corps, l'anorexique ne se perçoit pas comme maigre, elle paraît indifférente à l'amaigrissement, il existe une angoisse très marquée lors de toute ingestion d'aliments.
Les relations de l'anorexique sont généralement pauvres avec ses pairs.
La famille est volontiers décrite comme ayant tendance à surprotéger l'anorexique. Il existe une grande difficulté au niveau de la séparation des parents.
Traitement
Parallèlement à la prise en charge somatique, un suivi psychologique individuel et familial est nécessaire.
2 La boulimie (hyperphagies - boulimie)
Les adolescent(e)s décrivent la boulimie comme une sensation de faim, accompagnée d'une grande angoisse les contraignant à absorber de manière impulsive une énorme quantité d'aliments ; et après cette ingestion, une grande culpabilité qui peut conduire à des vomissements provoqués.
Sur le plan psychopathologique, on retrouve de tels accès boulimiques au cours de l'évolution de l'anorexie mentale, accès cachés et souvent suivis de vomissements provoqués.